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October 20, 2017

Retour en arrière. C’était début 1993. Un autre siècle.

 

J’étais jeune, beau et con - euphémisme. Immature et rêveur.

 

Le théâtre déjà. Je m’apprêtais à produire mon tout premier spectacle. 2 mois d’affiche sur Paris. Une comédie à sketches sur les histoires d’amour « Tranches de Cupidon ». Je n’avais encore jamais vécu en couple, une trop grande lucidité associée à la peur de l’échec amoureux avait fermé mon cœur et nourri ma plume… La réalité a bien sûr dépassé la fiction depuis…

 

En dehors de 2/3 expériences, ateliers et autres aventures passagères de scène, le gamin (âge mental, sinon la carte d’identité annonçait 28 ans déjà), le monde du théâtre était une sorte de chimère. Mais un objectif trouble et viscéral à la fois. Un désir violent dont j’étais bien incapable d’expliquer les ressorts et fondements. Je sais maintenant. Ouf…

 

Bref, malgré une flagrante virginité technique, je décidais la contre-attaque de l’empirique, et m’engouffrais dans cette voie intime et publique avec la foi de l’insouciance. Une naïveté qui m’a sauvé. A l’époque comme encore aujourd’hui.

 

A la recherche de soutiens et autres partenaires, le quasi-puceau des planches brûlait de mille feux pour enflammer la bourse. C’est que ça coûte, d’être producteur, quand on ne maitrise rien. Une proie facile, pour le doute et les prédateurs.

 

Ma nullité communicante m’avait cependant autorisé un bref passé d’attaché de presse de théâtre. Hasard des rencontres. Et je me souviens… J’avais sympathisé avec une de ces figures dont Paris regorge. Un homme de l’ombre qui contribue au rayonnement superflu de l’époque. Un faiseur d’illusions à défaut de carrière. Journaliste et/ou administrateur, je n’ai jamais véritablement su son rôle. Mais ses relations people étaient affichées en lettres fluo clignotantes au fronton de sa demeure. Il s’occupait de 2 artistes majeures de la vie capitale et noctambule de ces années là. (Des noms, des noms !?!?! Non) C’est donc qu’il avait du poids aux yeux du Candide.

 

Nous nous sommes croisés régulièrement. Soirées, dîners, sorties théâtres… Une amitié simple. Banale. A l’heur de m’affranchir du poste de spectateur clapi dans les ténèbres du ‘’grand monde’’ pour oser attraper mon rayon de lune miniature, les règles de ce jeu de duperie sociétale changeaient de fait. Sans doute eut-il fallu que les dès ne soient plus les seuls à être pipés…

Pas très finaud, je quémandais et orchestrais un déjeuner dans un petit resto des Halles. Et sans coup férir, exposait mon projet en demandant à l’expert quelques conseils. Pouvant évidemment et au-delà du non-dit, déboucher sur un vrai coup de main. J’eu droit à un sourire entendu, un regard fixe et ces quelques mots en retour : "J’aimerai qu’on dorme ensemble. Que tu partages mon lit. Pas pour faire des cochonneries. Juste me blottir contre toi comme un gros nounours."

 

J’aurais dû ajouter "et mon cul" ?!? Mais ma réponse fut… attentiste. Rictus gêné. Envie de ne pas tout perdre ou de préserver le minuscule espoir d'une lueur d'humanité, la peur du scandale. La lâcheté du débutant. Le repas s'acheva rapidement. Il n'eut pas son dessert.

Naïf et con peut-être le môme, mais pas totalement crédule ; et intègre surtout.

Je n’ai jamais revu l’impétrant (pas pénétrant en l’occurrence). Et me suis débrouillé comme j’ai pu pour accoucher de ce bébé au forceps, sans sage-femme ni sale homme, premier d’une très longue série de coït théâtraux (non interruptus en 25 longues années).

 

La loi du milieu. Elle ne m’a jamais déçu par la suite. Quand on s’attend au pire, le meilleur est une gourmandise extatique. Que de bonheurs croisés sur ce quart de siècle : des comédien(ne)s exceptionnels de talent et d’humanité, des salles magiques à l’âme éternelle, des directeurs/directrices à la curiosité inspirante et motivante, des spectateurs et lecteurs à l’émotion généreuse offerte comme une récompense, des moments intenses de partages, de convivialité, de verres vidés aussi vite qu’ils se remplirent, de bombances et autres bacchanales d’après spectacle, des amis fidèles et sincères, des fous des rires et des fous rires… Des gueux des lads et des engueulades aussi…

 

Car il y a les autres oui, les harceleurs donc, les méprisants, les jaloux, les juges (mais pas de paix), les aigris, les mégalos, les salauds, les tristes sires, les ingérables, les indifférents, les médiocres (et je ne parle pas de talent), les méchantes personnes, les trop sérieux, les psychologiquement attaqués (ou attardés), les guerriers, les premiers de la classe et les derniers, les calculateurs, les dominateurs… Ainsi va la vie. Va le monde.

 

A vous, les enflures qui trichez autant sur scène que dans votre propre vie, (pas besoin d'être artiste pour pratiquer la posture et/ou l'imposture), à vous, celles et ceux qui manquez tant d’authenticité, de simplicité, de curiosité mais pas de certitudes, passez votre chemin.

 

Je ne serai jamais votre homme.

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