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HUIT CLAUDE

Comédie

7 à 8 F / 1 à 2 H

Résumé :

La mort de Claude Martin, 60 ans et des poussières, va déclencher une vraie guerre de succession. Celle liée à son patrimoine bien sûr. Mais succession de témoignages également, où les huit femmes de sa vie viendront raconter par bribes cet homme énigmatique. Et s’affronter autour de la dépouille…

 

Construit tel un puzzle, "Huit Claude" oscille entre l’enquête policière, le délire d’une psychanalyse incontrôlée et la pure comédie aux dialogues ciselés. L’absurdité assumée des situations vient ajouter au mystère de ce portrait elliptique.

 

Un ovni théâtral déjanté.

Note d'intention :

En amont, l’écriture fut portée par des images et des ambiances.

Le titre, d’abord, apparut comme une évidence. Au-delà du jeu de mot, ce "Huit Claude"  fait évidemment référence au monument de Sartre (Huis-Clos) ainsi qu’à la comédie policière de Claude Thomas remise au goût du jour par François Ozon (Huit femmes). Sur un mode décalé, il réunit sous une même bannière le rapport à la mort (les autres, l’enfer) et les secrets et les affrontements de ces femmes confrontées à la disparition du mâle dominant.

 

Puis, l’écoute répétée de la bande-originale des « Tontons flingueurs » apporta un éclairage neuf, une ironie permanente qui nourrit en profondeur l’intonation générale du récit. Et qui l’installe aussi dans les années 60.

 

L’idée maîtresse fut de dessiner le portrait d’un homme. Un portrait parcellaire, imparfait. Incomplet. Mais dans un cadre défini. Les interrogatoires policiers ainsi que les séances de psychanalyse font partie intégrante de l’arsenal de cette comédie qui se veut loufoque. Mais qui sait également prendre son temps. Les silences récurrents et les répétitions chroniques installent une atmosphère goguenarde. Et nous sommes dans une mécanique proche de la folie douce lorsque ces femmes, qui portent toutes le prénom de Claude (sic), doivent faire connaissance et s’emmêlent les pinceaux identitaires.

 

"Huit Claude" est un exercice de style à la construction dramaturgique rieuse. Tout en développant la variété des effets et des univers, la pièce s’appuie sur une évidence : il n’existe aucune vérité incompressible dans les biographies, ou ne serait-ce que dans les mémoires. La grande ou la petite histoire préserveront toujours leur part d’ombre et de mystère.

 

A quoi se résument un caractère, une existence ? Quel souvenir laisse t’on dans l’esprit de celles et ceux que nous avons côtoyés ? Nous trouvons alors autant de vérités que de témoignages.

 

La surprise de la pièce ne provient pas nécessairement de l’intrigue à proprement parler - assez simpliste bien que le Claude central soit aussi énigmatique que peu fréquentable - mais de la neutralité elliptique dont nous est rapporté le récit. Jamais les personnages ne sont jugés. Ils possèdent en eux suffisamment de dérision et de cynisme (de failles et de circonstances atténuantes aussi) pour ne pas avoir à subir les partis-pris de l’auteur.

 

L’amusement suprême est d’espérer qu’à la fin, les spectateurs auront assisté à un vrai spectacle, auront eu de vrais fous rire, auront partagé la même histoire… mais que chacun d’entre eux portera un regard unique, aura une interprétation différente de ce qu’il aura vu et entendu.

 

Une existence n’est jamais linéaire, présente de multiples aspérités, des périodes de joies et de tristesse, des instants qui nous échappent, des rencontres marquantes, etc. Dans sa construction, le texte lui-même fait appel à plusieurs univers : monologues, silences, dialogues ciselés, citations, symbolismes, récit choral, voix d’outre-tombe…  La mise en route (en scène) de ce puzzle étonnant est plus technique qu’il n’y paraît. L’orchestration précise des divers instruments dramaturgiques donne sa tonalité unique à la symphonie de Claude.

 

"Huit Claude", c’est le récit intemporel, partiel et partial d’une vie. Une histoire simple mais des personnages complexes. Un humour omniprésent aux multiples facettes. Une comédie légère qui s’ouvre sur les tréfonds de l’âme humaine. Un délire intelligible à défaut d’être intelligent…

Presse :

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