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AU BAL DES POURRIS, MARIE DANSE...

Résumé :

Au bal des pourris, Marie danse… nous entraîne dans un univers fantastique où
une petite fille part au cimetière à la recherche des os de son papa adoré. Loin d’être une danse macabre, la pièce est surtout la déclaration d’amour d’une fille à son père trop tôt disparu.


Faire son deuil et accepter de grandir tel est le long chemin de Marie au travers des saisons.


Devenue adulte, elle rencontre l’autre homme de sa vie. Une grossesse s’annonce. Comment une fille en quête de père se prépare-t-elle à devenir mère ?

 

C’est là que la route de Marie rejoint celle de Sylvaine Allié Le Vallois, auteur du roman. Délaissant la fiction, elle mêle indistinctement sa voix à celle du personnage pour livrer sa propre histoire. Celle d’une jeune femme qui voit sa vie voler en éclats à deux reprises mais que le temps réconciliera avec la vie !

Notes d'intention :

Adaptation théâtrale du roman

 1 F / 1 H

 

D’abord, le désir insatiable d’aller déterrer le cadavre de mon papa.

Afin de réaliser au sens propre et littéral une œuvre d’art.

La démarche semblait relever d’un tel goût artistique aux yeux de mon ''professeur d’art'', le commissaire priseur, Me Pierre Cornette de Saint Cyr, qu’il
s’apprêta à me suivre dans cette curieuse entreprise. Par passion pour l’art, comment interdire à une jeune femme de vouloir retoucher son papa, même mort ? ''Et bien, je serai là, avec mon marteau, s’il le faut'' assura t-il, en pygmalion assumé !


Sur ses conseils, je commençais néanmoins ma quête extra mémoriale à travers l’écriture d’un conte fantastique ''Un papa pour Noel'' publié en 2007 aux éditions de la rue Bessières. En osant des images fortes, la puissance des mots me rapprochait de cet objectif final.

 

Mon texte soigna la folie et fit naître en moi une évidence. Ce récit n’était pas un conte, il était un seul en scène, il était un cri d’amour à mettre en musique.

En d’autres termes il était une pièce de théâtre refoulée. Et il était d’autant plus un cri que, la vie, dévoreuse d’êtres à ses heures, a plus d’un tour de corde dans son sac. Mon 2e référent, l’amoureux ou le relai paternel par

substitution, choisira, lui, de mettre fin à ses jours. Je ne pensais pas qu’il existât pire que de perdre un père. Mais là aussi le souhait était de transformer la douleur en matière artistique et essayer d’approcher cette zone où même l’amour des siens ne compte plus.


C’est ainsi que ma route croisa celle de Grégoire Aubert qui, au travers de toutes ses pièces et notamment de ''Descentes'', un coup de poing pudique et violent sur le thème de la prostitution, me conforta dans mon choix de collaboration. J’avais trouvé ''mon homme'' pour monter l’Odyssée de Marie au théâtre.

Sylvaine Allié Le Vallois

Oui. Direct et massif. Irréfléchi. Lorsque Sylvaine Allié Le Vallois me fit découvrir son livre ''Un papa pour Noël'' afin de procéder à son adaptation scénique, la lecture rapide, d’une seule traite, ne me fit pas hésiter une seconde.


Dans son roman, il y avait déjà toute la matière propre à mener un récit dense et émouvant. Et bien plus… Des images à la pelle, des formulations osées et insensées, du drame, de la folie, des émotions. Derrière les arabesques de son phrasé si personnel, il y perçait une forte authenticité. Mais il y avait aussi et surtout la déclaration d’un amour incompressible, envahissant, exutoire qui transpirait de ces pages. Un amour mystique pour les deux hommes d’une vie.


Moi, modeste inspirateur théâtral au parcours atypique, Avais-je les épaules suffisamment larges pour assurer le rôle - même par procuration - du troisième homme ?


Après le « oui » d’origine vint ainsi le temps du doute.


Il m’en aura fallu des mois de réflexion, d’indécision. En tant qu’auteur, mon travail consiste d’ordinaire à créer des personnages, à les faire exister en cerclant leurs comportements, leurs abysses, leurs expressions corporelles et orales. Mais dans le cas présent… En lieu et place de l’harmonisation et de l’équilibre d’une construction dramatique plus classique, j’étais confronté à un travail de déconstruction/reconstruction. De coupes franches (ou biaisées). D’ajustements permanents.


Je devais inventer un langage purement scénique. M’approprier les mots d’une autre et raconter son histoire à ma manière. Cette étape ne me fut possible qu’en oubliant les enjeux et le respect que m’inspiraient la prose de Sylvaine. Et j’ai tâché de faire parler mon expérience d’homme de théâtre qui pratique l’écriture et le jeu depuis plus de 20 ans. En assumant le risque de déplaire. Non pas au public (qui peut se targuer de savoir à l’avance ?) mais à la mère nourricière du projet.
Oui, il en fallut des mois de maturation avant de fixer un axe et une cohérence. Car l’universalité poétique de ce ''Bal des pourris'' se devait de préserver la singularité originelle du roman. J’espère y être parvenu.


Grégoire Aubert

 

 

Photos et documents :